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La Lettre du Moulleau no 12 Actualités Générales Assemblée Générale Extraordinaire de l'APRSM le samedi 5 janvier

Rumeur, principe de précaution ou réalité ?

Vous avez lu ou entendu : "STOP immédiat aux bains et huîtres : danger de pollution bactérienne"

 

Cet été, une information, vérifiable sur les sites les plus officiels, puis vite relayée par la presse régionale a circulé sur nos plages et nos parcs : nos plages sont contaminées. Tout de suite nos Gaulois querelleurs qui peuplent aussi nos associations ont eu des avis partagés, que faire : faut-il relayer ou se taire : Ordalfabetix et ses amis ne veulent pas croire que son panier de fruits de mer n’est pas frais, c’est encore la faute à Rome avec ses directives stupides, le chef  plus discipliné  mais prudent interroge sa tribu et après discussion tout finit par : ce n’est pas une affaire des sangliers, on n’y connait rien donc surtout silence...

Et si plutôt pour la prochaine fois nous essayions de comprendre un peu ce que nous disent la science et la réglementation qui en découle pour discuter ensuite d’une démarche citoyenne

 

La pollution bactérienne de notre littoral résulte de l’apport excessif, dans l’eau de mer et ses commensaux, de micro-organismes étrangers au milieu marin (principalement bactéries et virus d’origine fécale)  par les « eaux usées » soit après traitement insuffisant en station d’épuration, soit directement  par ruissellement pluvial sur des terrains pollués (Lixiviation).

Ces bactéries sont en très grande majorité inoffensives (« germes-indicateurs »). Mais, exceptionnellement, des individus malades rejettent des bactéries ou des virus pathogènes  à l’origine de toxi-infections digestives ou  d’infections généralisées dont la gravité (salmonelle, E.Coli virulent, virus responsables de gastro-entérites, hépatite A…) peut justifier des mesures de fermeture des plages et/ou d’interdiction de vente et de consommation des coquillages.

Cette pollution « administrative » se définit par la présence à un taux supérieur au seuil en vigueur, dans des échantillons d’eau de mer,  prélevés à distance de la surface ou dans des coquillages  de deux germes considérés comme   de bons témoins de la pollution bactérienne fécale : E.coli et entérocoque.  Le choix de ces bactéries est de plus justifié  par la facilité et le faible coût de leur manipulation au laboratoire.

 

SURVIE DES BACTERIES EN MER

Ces bactéries et virus, hôtes habituels de l’intestin de l’homme et des animaux à sang chaud, trouvent un environnement  hostile dans le milieu marin. Ils vont toutefois y survivre plus ou moins longtemps en fonction des paramètres du milieu. De quelques heures à quelques jours pour les bactéries, cette survie est prolongée pour les virus  de plusieurs semaines à plusieurs mois.

Toutefois, des études récentes démontrent que certaines bactéries fécales sont capables de s’implanter plus durablement et même de s’y multiplier : processus de naturalisation bactérienne.

L’action bactéricide des rayons ultra-violets de la lumière solaire est connue de longue date et la variabilité saisonnière de la survie des germes peut être observée en fonction de la présence ou de l’absence de la couche nuageuse.

D’une manière générale, on observe un allongement de la durée de survie des micro-organismes à basse température induite par un ralentissement de leur métabolisme.

La salinité constitue un des principaux stress subis par les bactéries, il a été montré qu’à une concentration de 10g/l, 100% des souches d’E.coli croissent alors qu’à 20g/l, 25% des souches ont disparu

 Enfin, dans certaines situations la dilution joue un rôle plus important que la mortalité dans la diminution de la concentration bactérienne.

 

Ces facteurs  de régulation intrinsèque jointes aux mesures sanitaires de traitement des eaux usées   expliquent que les épisodes de pollution bactérienne soient de moins en moins fréquents et généralement de courte durée.

 

ORIGINES DE LA CONTAMINATION BACTERIENNE DES EAUX

Origine urbaine

Les sources d’origine urbaines sont essentiellement constituées par les effluents des stations d’épuration (STEP) traités ou non et les eaux usées issues des habitats dispersés. Nombre de villes  et communes littorales ne possèdent pas encore  de stations d’épuration et  l’efficacité des systèmes d’épuration vis-à-vis de la contamination bactérienne est faible sauf installations spéciales performantes.

 

Origine agricole

Les sources d’origine agricole sont par la présence d’élevages plus ou moins intensifs de bovins, porcs, ovins et volaille générant une quantité importante de fèces riches  en germes fécaux et à l’épandage de déchets fécaux pour l’exploitation des terres.

 

Origine liée aux activités de loisir

La plaisance peut induire une dégradation microbiologique malgré la mise en place progressive de cuves de vidange dans les ports de plaisance pour autant que tous les bateaux soient équipés de systèmes sanitaires ad hoc

Les risques de contamination sont souvent augmentés par temps de pluie. Les eaux usées urbaines non traitées du au débordement des égouts et à l’engorgement des stations.

 

EFFETS ET RISQUES POUR L’HOMME : CONTAMINATION HUMAINE

L’évaluation des niveaux de contamination des eaux de baignade et des zones conchylicoles repose sur la quantification régulière dans le temps et l’espace des « germes-témoins » par des organismes habilités La découverte de valeurs élevées traduit la possibilité de la présence associée de germes pathogènes et par conséquence un  risque sanitaire réel bien que ni  systématique ni quantifiable.

Pour provoquer une infection il faut en effet que la dose de bactéries ou de virus  ingérée (on parle de charge bactérienne ou virale) soit  importante, supérieure à la dose infectante minimale, cette condition ne peut être remplie que lors de baignades dans des zones très contaminées (déversement d’égouts) ou plus souvent ingestion de coquillages pollués crus ou mal cuits.

Les risques de contamination par les eaux de baignade  dans les conditions habituelles sont donc très faibles,  surtout cutanés ou muqueux, amplifiés par les irritations soleil et salinité de l’eau… on peut aussi trouver des affections ORL, la surinfection des plaies,  des otites externes.

La consommation de coquillages est plus dangereuse car les mollusques bivalves qui  filtrent pour se nourrir des volumes d’eau très importants  concentrent les éléments en suspension dans l’eau, supports de polluants microbiens Ils deviennent dans certains milieux très pollués de véritables réservoirs (plusieurs centaines de litres par heure et par kilogramme d’animal vivant).

Cette propriété physiologique est utilisée a contrario pour le traitement des lots contaminés, l’élimination des microorganismes se fait par reparquage dans des bassins d’eau de mer propre et traitée.

 

Le Réseau de contrôle microbiologique (REMI) :

Créé́ en 1989, le réseau de contrôle microbiologique (REMI) des zones de production des coquillages a pour objet d'effectuer la surveillance sanitaire des zones classées A (bonne), B (moyenne) et C (médiocre) dans les conditions prévues par la réglementation conchylicoles. La finalité́ est de vérifier la pénrenité des caractéristiques ayant fondé le classement des zones sur la base du niveau de contamination microbiologiques dans les coquillages (dénombrement dans les coquillages vivants des bactéries Escherichia coli).

 

Libre propos du Docteur Marc Geniaux

 

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